30 juillet 2019 : BATTAMBANG

Le minibus est à l'heure. 
5h de route (soit 300 km) nous attendent pour rejoindre Battambang, où nous avons réservé 2 nuits à la Sangker Villa Guesthouse, vivement conseillé par Christophe qui y était ce début d'année. Il reste une chambre 😀
Nous longeons le Mékong sur pas mal de kilomètres avant de sortir de Phnom Penh. Un arrêt de 30 mn nous permet parcourir à pied une avenue où se trouvent artisans et échoppes en tout genre.






Ce n'est qu'après 1h30 de route qu'on arrive enfin en campagne, champs de riz verts fluos et palmiers, parsemés de magnifiques maisons sur pilotis de toutes les couleurs. Arrêt photo impossible hélas. 

Puis nous traversons Kampong Chhnang, dont les rues sont bien plus propres que la capitale. 
Beaucoup de potiers sur le bord de la route, formes et couleurs pétard au choix.
Bientôt à droite, le Tonlé Sap, le plus grand lac d'Asie du Sud est, sur lequel se trouvent des villages flottants.


Très peu d'espaces vierges durant ces 5h de route. C'est une enfilade perpétuelle de maisons et de "magasins" en tout genre : bois, matériaux de construction, boissons, friandises, ferraille, mobylettes, œufs, robes de mariée, épiceries, outils, gargotes, pneus, mobylettes, vêtements, jouets, mobylettes, panier d'osier, meubles... Et tout le long, du plastique, des déchetteries à ciel ouvert en bordure de route.

On voit tout de même de temps en temps des espèces de recycleries de cartons et de bouteilles en plastiques, qui finissent dans d'énormes ballots, et sûrement collectés pour être recyclés. Le début d'une prise de conscience ?? 
Quel dommage de ne pouvoir emprunter les pistes qui s'enfoncent dans la campagne...

Les cimetières sont repérables de loin, avec une pagode centrale entourée de statues gigantesques très kitsch, et de tombes énormes, colorées, toujours nickels. Certaines sont plus grandes que les maisons des "vivants". 

Arrivons à 14h à la Sanker Guest House, et on se sent comme à la maison, superbe ambiance, odeurs d'huiles essentielles, jolie déco zen, et excellent accueil de Christine et Thibault. (Merci Christophe pour ce bon plan !).

C'est Yaya qui nous prépare de quoi grignoter ici-même, au bord d'une jolie piscine, et prenons les renseignements pour notre programme de cet après-midi et de demain.

Des vélos sont à notre disposition, qu'on enfourche pour aller voir une école de moines ados. Ils sont très heureux de discuter avec nous, nous expliquent leurs rêves, ce pourquoi ils étudient etc... Ils vivent sur place, au sein de l'école avec leur famille comme c'est souvent le cas. Ils nous demandent ce que l'on pense du Cambodge, des gens, et si on les trouve beaux ! Éclats de rire général !! Ils sont tous d'une gentillesse remarquable.













Dans tout le pays, il n'y a que 3 églises catholiques, dont une à Battambang, que nous trouvons en traversant les petits quartiers vivants. Sa particularité ? Les gens ne s'assoient pas sur des bancs mais sur des nattes au sol.



Puis direction le vieux marché, avec à l'étage des échoppes de robes de mariée et de tissu. Lors d'un mariage Cambodgien, les femmes changent plusieurs fois de robe. Ici, les couturières travaillent sur place, on arrive un peu trop tard pour les voir à l'œuvre. C'est très coloré.





On passe devant une pagode, on rentre dans l'enceinte et on voit des hommes jouer à une espèce de badminton mais sans filet et avec les pieds. On s'arrête et on essaye de jouer... Tant bien que mal. Du coup ce sont eux qui nous prennent en photo !!


Plus loin, on tombe sur une partie de pétanque, et échecs à même le sol !





On continue à pédaler au gré des rues. Finalement, malgré la circulation désordonnée, on se sent en sécurité car tout le monde fait attention à tout le monde.  

La nuit commence à tomber, retour à l'hôtel et plouf bien mérité !


31 juillet 2019 : BATTAMBANG

Après un délicieux petit déjeuner au bord de la piscine, nous partons pour la journée avec Nani qui est une encyclopédie à lui tout seul et parle un anglais parfait.


Il connait aussi nombreuses expressions françaises : "cool Raoul" - "en voiture Simone" - "en avant Guingamp"... il a beaucoup d'humour. Il est intarissable sur divers sujets comme l'origine de la ville, l'état des routes (celles en meilleur état étant financées par des investisseurs privés chinois et japonnais), sur sa famille et la condition de fermier de son beau-père. Ce dernier voit sa vie de plus en plus dure car le riz se vend de moins en moins cher, le manque d'eau n'arrangeant pas la situation. Il est obligé de faire des emprunts auprès de banques chinoises, etc...


Nous empruntons le Bambou Train et traversons les rizières sur un chariot. Nous restons sur notre faim, c'est un peu le piège à touristes. Le temps d'attendre l'heure du retour, on parcourt les petits chemins de campagne à la rencontre des habitants.





Nous passons à la pagode Somrong Knomg, dans l'enceinte de laquelle se trouve un temple où étaient emprisonnés les Cambodgiens sous les Khmers rouges.




Visite de la fabrique de poisson séché, que l'on sent avant de l'apercevoir... Du poisson venant parfois de Thaïlande arrive par voiture. Ils sont découpés, vidés, répartis selon les morceaux. Certains sont séchés, d'autres marinent dans de la saumure pendant 6 mois à un an selon les contenants. Les gens travaillent à même le sol, dans des conditions déplorables de notre point de vue Européen.








Plus loin, une famille réalise des feuilles de riz servant aux nems et rouleaux de printemps, feuilles qui sont vendues sur les marchés. Conditions artisanales et uniques, Nani nous explique que personne n'a les moyens d'acheter des machines, et tout est importé de Thaïlande, bien mieux équipée matériellement. On se régale de ces produit 100% artisanaux.




Une autre famille fait sécher des bananes, en les coupant manuellement en lamelles ultra fines, déposées sur des bambous et séchées au soleil. Elles sont ensuite frites, c'est excellent.






Nous longeons une "rivière" sur plusieurs kilomètres, et sommes surpris de voir que sur les bords, tout est détruit, plus une seule maison sur pilotis. Nani nous explique que les coréens ont privatisé ce canal et ont expatrié tout le monde. Le gouvernement a créé une loi leur permettant de le faire, en échange de 40% de la valeur de leur propriété... Seuls ceux qui ont graissé les pattes ont pu avoir un sursis pour prendre le temps de partir. 


Nous allons ensuite dans la maison d'une famille qui fabrique de l'alcool de riz... Artisanat toujours, avec un alambic incroyable. Ici, la population boit plus d'alcool de riz que de bière (c'est moins cher). On en goutte 3 sortes : un normal, un parfumé avec des mangues et le dernier dans lequel des serpents ont macéré, censé apporter la vigueur aux hommes. On a préféré le gingembre !



Visite du temple hindou Ek Phnom (plus vieux qu'Angkor) qui s'effondre petit à petit et d'une extraordinaire pagode.




 



Nous mangeons en bordure de route. Chris Mange des grillons, mission impossible pour moi. Ils vendent des brochettes de chauve-souris et de rats.... On peut même manger des œufs de canard de 18 jours, c'est à dire des fœtus... 



Visite d'une maison traditionnelle Khmer. Mister Bun nous donne beaucoup d'infos sur la situation du pays, dramatique. 

Après avoir vu des champs de piments, Nani nous montre une ferme dont la spécialité est la culture des champignons. La méthode : ils mettent dans une poche plastique du compost et des champignons broyés. Ils laissent fermenter sous une grande bâche en plastique pendant un mois, les champignons poussent et sortent par un orifice, ils les coupent à chaque fois qu'ils repoussent, et ça, pendant 5 mois.






Nous passons par des pistes à travers les palmiers, bananiers et arrivons à un pont suspendu sur lequel Nani ne veut pas passer.



Nani est intarissable, le temps passe très vite, ce qui fait que l'on ne verra pas certaines pagodes, nous filons dare dare à la "bat cave" (caverne des chauve souris) au coucher de soleil. Vue superbe sur les palmiers, les rizières, et les montagnes limitrophes avec la Thaïlande à l'heure où les chauves souris sortent de la cave. 

Rentrons de nuit, mais avant de rejoindre l'hôtel, Nani nous amène chez lui, car il pense avoir ce que Chris cherche à ramener : une plaque d'immatriculation du pays. En effet, il y en a bien une sur l'antique moto de son grand père, avec une bien triste histoire puisqu'il a fuit les Khmers rouges avec. Donc voilà Chris ravi avec son Graal en main.  


Il est 20h30 quand on arrive à l'hôtel, l'excursion devait se terminer à 18h !